Quelques jours à Paris I France



Gare de Lyon, 10h 45. Ciel bleu et soleil pour cette matinée de Pâques…
Nous descendons vers l’Île Saint Louis. Notre-Dame est photographié tout azimut.
Nous achetons des kebabs à Saint-Michel. Assis sur un banc, aux pieds de la Diane des Jardins des Tuileries, cruelle vierge blanche en chasse de quelques pigeons voyageurs, nous entamons nos sandwichs… Les allées, les terrasses à balustre et les pelouses fleuries débordent de touristes cosmopolites : Européens, Américains, Asiatiques, Russes, Indiens, Africains, et certainement Océaniens. Des ribambelles de bambins font naviguer sur le bassin, sur la tête des poissons rouges, des navettes miniatures, d’autres courent en zigzags autour des statues antiques ou modernes…

Les seins généreux pointés vers les cieux céruléens, les Néréides de La Concorde aux fesses majestueuses offrent aux voyageurs leur elixir en puissants jets sortant de la bouche de poissons dorés… À ces jeux aquatiques, les Tritons se rincent l’œil…
On s’engouffre dans une bouche de métro, direction Porte Maillot. Les stations défilent au rythme de leur énumération vocale et des signaux sonores de fermeture des portes… Tuilerie… Concorde… Champs Élysée… Étoile… Argentine… Porte Maillot.

On tourne en rond sur le rond-point de la Porte Maillot. Est-ce une hallucination ? Quel sortilège a égaré sur cet atoll cette multitude de lapins ? Nous prenons le bus jaune à l’arrêt 244, à destination du Bois de Boulogne.

Joggers, flâneurs, adeptes de la petite Reine tournent autour du lac. Nous avons loué un bungalow au camping du Bois de Boulogne. Un petit bungalow blanc à rayures vertes sous de hauts platanes, en bord de Seine.
Le camping du Bois de Boulogne est un éden vert de marronniers et de platanes, de mares à crapauds, à dix minutes à peine en bus de la Porte Maillot. L’endroit idéal pour se reposer du trafic parisien et d’une journée de déambulations urbaines.
Après un délicieux dîner (pâtes au pistou, tomates à la mozzarella et camembert moulé à la louche), je dessine avec Clémentine quelques tours Eiffel insolites. Odile étudie le Guide du Routard…
Vers minuit, repus et heureux, les dents brossées, nous prenons la position horizontale dans nos paddocks aux couvertures fleuries après un baiser sonore sur le front délicieux et parfumé de notre petite chérie au nom de fruit et une brève chasse à l’araignée.

Aux monuments mastoc et ampoulés, aux statues grotesques et prétentieuses prenant leur essor vers des contrées bienheureuses ou un avenir radieux, je préfère les quais, les cases des bouquinistes, les livres anciens ou modernes, les cartes postales sépia, les réclames louant les mérites du chocolat Banania ou les vertus des biscuits Lu. Mais surtout, les péniches qui donnent au promeneur solitaire ou au vacancier amoureux, au marin d’eau douce, la nostalgie et l’envie du voyage. Certaines immobiles, amarrées sur les bittes en file indienne d’autres lentes et silencieuses, descendent ou remontent la Seine, quelquefois à leur bord des enfants jouent à colin-maillard ou slaloment en vélo entre les pots de géranium, elles croisent sans ciller les balourds bateaux-mouches bourdonnants de touristes, elles passent les ponts vers d’autres fleuves, d’autres villes…

Et la Tour Eiffel la nuit, gigantesque tour de fer puddlé, comme un phare de Cornouaille s’allume et clignote.

Avril 2010

Paris par les écrivains


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